BENEGUI, Laurent. Le Tournevis infiniment petit
C'est l'histoire d'un chercheur en nanotechnologie. Il travaille à Paris pour
le compte de la société Datacomp. Il a obtenu des résultats que l'on doit présenter aux actionnaires. Mais, atteint d'un cancer, il veut se suicider.
Auparavant il va, d'une part, dire aux siens ce qu'il pense d'eux. D'autre part il détruira les fruits de ses recherches car la société qui l'emploie les utilisera au profit des riches et non
pour les pauvres.
Rien ne se passera comme prévu. Il sera entraîné dans des mésaventures, des situations tantôt désopilantes, tantôt tragiques. A l'humour se mêlent parfois de la tendresse, une sincérité envers
soi-même, un certain sens moral.
S.R.
BRAMLY, Serge. Le Premier principe, le second principe
Le récit a un pied dans la réalité, actualité, histoire récente, l’autre dans la fiction, pas loin de la réalité. En toile de fond, le trafic d’arme avec l’Afrique
et le comportement d’hommes politiques.
Sept personnages développent une existence a priori sans rapports. Deux réels dont le décès tragique a marqué l’actualité, cinq emplois, un conseiller de ministre, un paparazzi, un trafiquant
d’armes, deux barbouzes, la deuxième apparaissant pour rechercher la première qui a disparu.
A partir d’une série de récits apparemment sans rapports, les événements s’enchevêtrent et forment un thriller, mi fictif, mi réel. Les supputations premières sur les états d’âme d’une princesse
mourante affirment qu’il s’agit d’inventions. Le récit méticuleux d’un mariage princier affirme qu’on est dans le réel. Actualité chaude, brûlante, trop brûlante, même après des années.
Inventions romanesques pour soutenir le récit.
Au lecteur de se faire une opinion. On peut lire le livre comme un policier avec clins d’oeil historiques. On peut le considérer comme une incitation à la réflexion sur une actualité grave.
J.-L. T.
BLOCK, Stefan Merrill. Histoire de l'oubli
Adolescent solitaire, Seth assiste au déclin irréversible de sa mère, atteinte d'une forme précoce d'Alzheimer. Il sait que cette maladie est génétique et qu'il risque, à son
tour, d'en être victime dans quelques années. Sa mère a toujours gardé le secret sur ses origines, et Seth décide d'en apprendre davantage sur leur famille. Il mène une véritable enquête,
s'aidant d'un fichier recensant des personnes atteintes de la même maladie, et du souvenir de l'histoire qui a bercé son enfance : la légende d'Isidora, le pays dont les habitants vivent dans un
oubli bienheureux.
Le récit de Seth alterne avec une autre voix, celle d'Abel, vieillard reclus dans sa demeure menacée d'expropriation. Abel se remémore son passé, il détient les réponses aux questions que se pose
le jeune Seth sur leurs origines communes.
"Histoire de l'oubli" est un roman choral comme savent souvent le réussir les écrivains américains, où deux personnages s'acheminent vers la rencontre qui permettra de renouer le fil, rompu, de
la mémoire familiale.
C.R.
KHADRA, Yasmina. Ce que le jour doit à la nuit
Dans un
bidonville d'Oran, Younes Jonas, enfant imaginatif et solitaire, végète dans la misère, malgré le courage de son père.
Confié à son oncle pharmacien, musulman marié à une chrétienne, il échappe à la misère. Sa famille adoptive lui ouvre la porte des études et de la culture.
Puis ils emménagent dans un village près d'Oran, où il se lie d'amitié avec un groupe "d'Européens", mais sans oublier d'où il vient. Il vit la guerre, les massacres, la lutte d'indépendance,
déchiré entre ses amitiés, ses devoirs, déchiré par un amour immense et impossible.
Une fresque puissante de ce que fut l'Algérie coloniale, l'éclatant soleil, la douceur et la douleur d'y vivre, servie par un style magnifique, viril, subtil, à lire absolument.
M.R.
PAASILINNA, Arto. Le Cantique de l'Apocalypse joyeuse
Asser Toropainen, grand brûleur d'églises et athée, est mourant. Malgré tout, on lui
propose la visite d'un prêtre, qu'il refuse, mais il demande un homme de loi pour faire son testament. Il charge son petit-fils Eemeli d'exécuter ses dernières volontés : édifier une église sur
des terres reculées qui lui appartiennent.
L'église est construite avec beaucoup de soin et bientôt toute une communauté s'installe autour. Cette communauté faite de gens assez différents les uns des autres fonctionne très bien, est
souvent aux prises avec l'administration, la bureaucratie, les représentants de l'Eglise. On vit en autarcie, on ne manque de rien tout en ayant des moyens très rudimentaires pour cultiver,
pêcher, forger... Une troisième guerre mondiale éclate mais la communauté continue à bien se porter.
Le récit se poursuit jusqu'en 2023, une comète annonce la fin du monde. Effectivement, la fin du monde arrive, mais la communauté sait se mettre à l'abri et au bout d'un certain
temps tous retournent travailler comme avant...
Ce livre est plutôt loufoque, c'est une bonne satire de la vie actuelle.
B.N.
TADJER, Akli. Il était une fois peut-être pas.
L'histoire d'un père et de sa fille, d'origine algérienne, lui artificier, elle étudiante à Toulon. Elle lui ramène son fiancé tout rose et blond, puis s'en déprend au profit d'un
apprenti imam qui réussit à la convertir à une forme d'intégrisme.
En contre-chant l'histoire des origines, mélange de vérité et de conte oriental, dans lesquels l'auteur aborde les thèmes de la colonisation, des guerres, des rapports entre les communautés, de
l'intégrisme. L'histoire avance entre le passé et le présent, jusqu'au dévoilement de la vérité.
Un sujet grave, écrit avec légèreté, humour, une élégante distance, et beaucoup de sensibilité. A lire ou à découvrir ainsi que les autres livres de l'auteur.
M.R.
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