BLEYS, Olivier. Semper Augustus
Nous voici transportés au 17° siècle à Haarlem. Un honorable
négociant en drap, ses affaires étant peu prospères, décide de partir aux Amériques où il espère faire fortune. Il laisse ses deux garçons et ses deux filles. Son fils aîné sera le "pilier" de la
famille, aidé par un ami, personnage important de la ville.
Bien des mésaventures attendent père et enfants, en partie à cause du
soi-disant protecteur. La merveilleuse tulipe, Semper Augustus, arrangera-t-elle les choses ?
Les personnages, attachants, antipathiques ou ridicules, la peinture des moeurs de l'époque en Hollande, un humour sous-jacent, parfois un peu cruel, maintiennent l'intérêt jusqu'au dénouement
plus ou moins inattendu.
L'auteur est venu en 2003 à la Bibliothèque dans le cadre du festival "les Petites fugues en Franche-Comté".
S.R.
CHAUVEAU, Sophie. La Passion Lippi
Une biographie romancée de Filippo Lippi, enfant perdu, misérable, que Cosme de Médicis découvrit en 1414 et
confia à "Fra Angelico" comme apprenti peintre, et au couvent des Carmes comme apprenti moine. C'est donc sa vie, scandaleuse, turbulente, ivre de peinture, de femmes, et de vin, sa recherche de
la beauté, de l'intensité de la couleur, cotoyant les plus grands artistes de son temps, oeuvrant à améliorer leur statut. Un personnage passionnant, écrit d'une plume élégante et généreuse, qui
sait également évoquer la vie politique, artistique, les moeurs et les intrigues secouant la puissante république florentine. Passionnant à tous égards. Précipitez-vous !
M.R.
GAUDE, Laurent. La Porte des Enfers
Alors que Matteo conduit son fils à l'école, une fusillade éclate dans la rue : un règlement de comptes
mafieux. L'enfant meurt, atteint d'une balle perdue. Matteo se sent coupable de n'avoir pas su le protéger, et d'être incapable de le venger en abattant le tireur, comme l'aurait voulu son épouse
Giuliana. Désemparé, il erre dans Naples, et fait la connaissance d'un petit groupe de marginaux : Don Mazerotti, vieux curé anticonformiste ; le professeur Provoleone, personnage trouble ;
Grace, un travesti, et Garibaldo, le patron du café où ils se réunissent.
Provoleone croit en la réalité des Enfers mythologiques : il
y aurait plusieurs portes donnant accès au monde des morts, et l'une d'elle se trouverait à Naples. Matteo décide alors d'emprunter ce passage pour aller chercher son fils disparu...
"La Porte des Enfers" n'est pas un récit fantastique à proprement parler, c'est une sorte de conte, familier et poétique, sur la façon de vivre l'inacceptable - la perte d'un être cher, et ici,
d'un enfant - et de se confronter au mystère de la mort.
C.R.
LODGE, David. La Vie en sourdine
Professeur de linguistique à la retraite, Desmond se sent quelque peu dépassé par les événements : sa surdité
s'aggrave et l'expose à des quiproquos tragi-comiques ; une étudiante séduisante mais perturbée le harcèle ; son vieux père tient à vivre seul dans son pavillon, alors qu'il n'en a plus les
capacités ; son épouse, la dynamique Winifred, l'entraîne dans des réunions mondaines dont il se passerait bien.
Dans cette chronique
où l'auteur a mis beaucoup de lui-même (la surdité, la relation avec le père), la tendresse affleure sous l'humour et la vision décalée de la vie quotidienne.
C.R.
NOTHOMB, Amélie. Ni d'Eve, ni d'Adam
Amélie revient dans le pays de son enfance, à Tokyo. Pour apprendre le japonais, le moyen le plus efficace
lui paraît d'enseigner le français. "Ni d'Eve, ni d'Adam" raconte la liaison amoureuse d'Amélie la Belge et Rinri le jeune Japonais
distingué et riche mais aussi les paysages, les saveurs, les traditions de ce pays qu'elle aime tant.
Elle est drôle et parfois mordante. Quand elle parle d'amour, c'est avec une grande pudeur et un peu d'ironie. Les sentiments et les émotions sont détaillés et palpables. Ce roman est vrai,
vif, tendre et émouvant.
A.B.
OHL, Jean-Pierre. Les Maîtres de Glenmarkie
L'action démarre dans l'île de Jura, à l'ouest de l'Ecosse, île avec d'improbables airs de
Méditerranée, action avec des personnages plus improbables encore. Elle se poursuit non loin d'Aberdeen chez un laird ruiné, descendant d'un auteur du XVII°, lequel auteur aurait constitué un
trésor de guerre pour soutenir le retour du roi Charles II.
Au centre de l'action, un meuble à la demande d'un des anciens lairds
de Glenmarkie. Un meuble énorme, avec trente-deux tiroirs à secret, où pourrait bien se trouver le trésor. Le nombre des combinaisons possibles pour ouvrir chacun d'eux double au fur et à mesure
qu'on les ouvre pour atteindre au trente-deuxième un nombre vertigineux. Mais qu'importe, on est en Ecosse, entre gens qui n'ont peur de rien, où l'inattendu est toujours le plus probable. De
nombreuses interventions de Shakespeare par le biais de continuelles et toujours pertinentes citations.
Le ton est jubilatoire, même quand les événements virent au drame. On envie l'étonnante détermination des personnages, leur bonne humeur presque constante. On passe un bon moment en révisant (ou
apprenant) quelques pages de l'histoire politique et littéraire du Royaume-Uni.
J.-L. T.
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